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Quel avenir pour les investissements responsables ?

Quel avenir pour les investissements responsables ?
Sommaire de l'article

Depuis les années 90, la notion de développement durable n’a fait que s’étendre. D’un simple concept reconnaissant l’importance et les conséquences de l’action humaine sur la nature, les crises écologiques ont su démontrer la nécessité des actions à mettre en place dans tous les secteurs. De la notion de tri collectif à l’arrêt du gaspillage, sans oublier le zéro émission net en projet, le monde de l’entreprise a dû se reconstruire autour de cette notion.
Un nouveau modèle d’activité qui a impacté le monde de l’investissement et les investisseurs.

A l’heure où un Français sur deux déclare prendre en compte les enjeux du développement durable dans ses choix d’épargne, la prise en compte des critères ESG (économiques, sociaux et gouvernementaux) est devenue incontournable et les investissements responsables et durables n’ont fait qu’augmenter. Une croissance qui a notamment su s’apprécier lors de la pandémie du coronavirus : le nombre de fonds agrégés ISR a connu une forte hausse (365 en 2019 contre 628 en 2020).

Malgré ceci, de nombreuses questions et zones d’ombres sont présentes face à ces investissements…

Pour comprendre pourquoi les enjeux derrière les investissements durables sont nombreux, et quelles en sont leurs conséquences, il est important de comprendre les caractéristiques de ces investissements.

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Les caractéristiques des investissements durables et responsables

On définit les investissements durables et responsables comme des produits financiers permettant d’obtenir des performances financières tout en répondant aux problématiques et aux enjeux constitués par le développement durable.
Aujourd’hui, le succès de ce type d’investissement s’explique notamment par la rigueur et les critères de sélection retenus par les investisseurs.

Si chacun possède sa définition d’un actif « durable et responsable », il existe en réalité de nombreux critères pour évaluer ces derniers.

En France, la loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte a imposé aux grandes entreprises de publier un reporting extra-financier.  Elle concerne en particulier les banques, les assurances et les sociétés de gestion de toute taille. C’est dans ce contexte que les critères ESG entrent en jeu.

En une phrase, les critères ESG permettent d’évaluer la démarche RSE d’une entreprise. Au-delà du simple aspect économique, ces critères prennent en compte les impacts sociaux et environnementaux des activités.

Mais quels sont les trois types de critères ESG ?

  • Critère Environnemental : gestion des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, prévention durable des risques liés à des catastrophes industrielles (marées noires, contamination des sols…)
  • Critère Social : respect du droit des employés et du dialogue social dans la politique de management, de la parité et du nombre de personnes en situation de handicap, prévention des accidents du travail, formation du personnel
  • Critère de Gouvernance : lutte contre la corruption, respect de la transparence de la rémunération des dirigeants, relation entre les actionnaires, la direction et le conseil d’administration. 

Ces critères vont permettre par la suite de noter les actifs et d’aider les gérants dans leurs décisions d’investissement.

La notation est un processus long et complexe, souvent réalisée par des agences de notations ou bien un pôle dédié dans la banque d’investissement.

Pour chaque critère, des sous critères émergent et chacun d’entre eux est évalué, ce qui permet pour chaque catégorie d’obtenir une note globale.
Une note globale qui se voit de nos jours de plus en plus contestée dû à l’appréhension du critère et ce qu’il englobe, une zone floue, ce qui s’explique notamment à un manque de législation à ce sujet…

Aux critères de notation s’ajoute le choix de la stratégie retenue par l’investisseur.
Voici un rappel de ces différentes stratégies d’investissement ESG et leurs champs d’application :

  • Les stratégies d’exclusion qui appliquent des restrictions à l’acquisition des actifs liés à des secteurs comme l’armement, le tabac, l’extraction de charbon thermique …
  • Les stratégies de biais positif excluant les secteurs cités ci-dessus pour ensuite favoriser les allocations de portefeuille aux titres avec les scores ESG les plus élevés.
  • Les stratégies dénommées Best-in-class qui visent à favoriser les premières entreprises d’un secteur en matière d’ESG.
  • Mais aussi les stratégies thématiques pour les approches d’investissements dans des thèmes ou des actifs spécifiquement liés à la durabilité. Elles sont notamment fortifiées par les thématiques de développement durable de l’ONU.
  • Enfin, les stratégies à Impact dont l’objectif principal est de créer des bénéfices environnementaux/sociaux positifs spécifiques.

Ces stratégies peuvent être utilisées de façon unitaire ou complémentaires pour l’allocation d’actif. Le pilotage des fonds ISR fonctionnera sur le même principe avec pour les gestionnaires, la responsabilité de choisir des critères/stratégies indépendantes ou complémentaires au regard des critères ESG.

L’importance du choix de la stratégie d’investissement ainsi que la complexité des notations rend d’ores et déjà compte des problèmes sous-jacents et questionne sur l’avenir de ces investissements qui restent appréhendés par chacun : un investissement durable et responsable sera-t-il le même pour tout le monde ? A partir de quel moment peut-on considérer un investissement comme durable ?

De nombreuses incertitudes que les législations ne couvrent pas et qui suscitent le questionnement de tous… comment garantir l’investissement durable, responsable à ses clients quand les opinions divergent ?

Les limites des investissements durables et responsables

A l’heure où les investissements durables et responsables connaissent une forte croissance, le manque de législation se fait ressentir, à tous les niveaux…

Il existe plus de 135 organismes de scoring ESG, des rangs et des notations de la performance ESG d’une entreprise ou d’un fonds. 135 possibilités de noter différemment des actifs, auxquelles s’ajoute la possibilité désormais pour les investisseurs de produire leurs propres méthodes de notations, de quoi créer de nombreux écarts entre les notations d’une agence à une autre. Des écarts déjà présents à ce jour…

La question qui se pose alors est pourquoi ces écarts et surtout comment les atténuer ?

Si l’on se penche du côté réglementaire on remarquera alors qu’il n’existe à ce jour aucune définition précise qui permet d’apprécier un actif « durable ». Et c’est cette interprétation qui va créer au fur et à mesure ces écarts entre les agences.

Pour aller plus loin nous pourrions même citer qu’au-delà de l’interprétation de ce qu’est un actif durable, les méthodologies utilisées pour noter ces actifs sont elles aussi plus ou moins divergentes, de quoi causer à petite échelle un sérieux impact sur l’investissement, puisque selon la banque, selon la stratégie d’investissement ESG retenue, les critères choisis et leur calcul, un actif se verra considéré comme très impactant pour le développement durable pour certains et très peu pour d’autres…

C’est un problème que la législation veut résoudre dans les années à venir avec la venue (entre autres) de la finance bleu, qui va concerner l’utilisation d’énergies renouvelables marines et en lien avec l’océan, ainsi que la finance solidaire qui va venir relancer l’importance des critères ESG, notamment le pôle social.
Des nombreux débats sur la finance durable restent donc à venir, de quoi questionner les investisseurs sur les solutions à appliquer à l’heure actuelle.

Seule la législation pourra préciser la définition d’un investissement durable et responsable.
Il faudra dans l’avenir être en mesure de s’orienter et s’appuyer sur des outils concrets pour parfaire les propositions d’investissements.

Par exemple, la combinaison des différents scores ESG d’un actif et la comparaison des notations par différentes agences permettra au gérant d’approcher de manière plus sereine la valeur réelle d’un actif en question.

Un tableau personnalisable lui permettra également d’être en alerte sur les actifs qui ne respectent pas les green indicators, et de réajuster en conséquence ses choix d’investissements. Il pourra également mettre des seuils d’alertes pour les critères et sous critères de son choix, de quoi lui permettre d’avoir une meilleure appréhension et être plus réaliste d’un investissement durable.

Pour cela nous pouvons prendre le cas d’exemple d’Amazon présent dans le fonds Lyxor. Les scores ESG individuellement ne sont pas très élevés pour les aspects environnementaux et sociétaux. En revanche, la performance d’Amazon en gouvernance d’entreprise lui permet d’être d’être classée dans les 10 premiers du fonds européen Lyxor.

Ainsi la question de comprendre ce qu’est un investissement durable et responsable se pose et c’est pour l’instant à la charge du gérant d’être en mesure de comprendre comment analyser au mieux les différentes notations divulguées par la multitude d’agences qui existent pour faire ses décisions d’investissement en fonction.

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Avertissements

Investir comporte un risque de perte. Pensez à diversifier votre portefeuille et n’investissez qu’une partie de votre épargne disponible sur des projets que vous comprenez. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et l’obtention du taux de rendement cible d’un projet ne présente pas une garantie de performance.

Le contenu disponible sur Le journal de l’investisseur est à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Cela s’applique aux actifs ainsi qu’aux produits, services et autres investissements.

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Bastien Puccini
Bastien Puccini
Bastien Puccini est l'un des co-fondateur du Journal de l'Investisseur. Conseiller privé en gestion de patrimoine, il est spécialisé dans la gestion d'actifs financiers et la fiscalité immobilière. Ayant étudié la finance comportementale au sein du réseau University of California aux Etats-Unis, il y a intégré Honor Society. Il a depuis rejoint de nombreux réseaux professionnels et travaille en collaboration avec des experts-comptables, avocats, banquiers et assureurs.
Bastien Puccini
Bastien Puccini
Bastien Puccini est l'un des co-fondateur du Journal de l'Investisseur. Conseiller privé en gestion de patrimoine, il est spécialisé dans la gestion d'actifs financiers et la fiscalité immobilière. Ayant étudié la finance comportementale au sein du réseau University of California aux Etats-Unis, il y a intégré Honor Society. Il a depuis rejoint de nombreux réseaux professionnels et travaille en collaboration avec des experts-comptables, avocats, banquiers et assureurs.
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